24 avril 1858

« 24 avril 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 86], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5083, page consultée le 03 mai 2026.

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Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour je t’aime. J’ai déjà essuyéa mes carreaux du haut en bas de ma maison pendant que ma servante cause avec ses poules et respire les fleurs du jardin. Il est rare que ce chef-d’œuvre de la domesticité commence sérieusement la journée, quand elle la commence, avant midi. Ce qui ne l’empêche pas d’être le point de mire de l’admiration et de l’adulation universelle tant la justice distributive est heureuse dans ses répartitions. À propos de justice distributive, je dois dire que Rosalie scrubait1 la volière et la serre dès six heures du matin. Voilà deux jours que je constate son activité matinale. Reste à savoir si [ce] beau zèle continuera longtemps. En attendant, je décharge de temps en temps dans mes restitus confidentielles le trop plein de mon impatience et de mon mécontentement contre ma servante MAÎTRESSE. Ceci dit, je t’aime à frais et à nouveau pour ne pas mêler mon amour à rien d’ennuyeux et d’agaçant. Puis, je te fais souvenir de me donner de la COPIRE tout de suite, tout de suite, pour faire mon bonheur d’une part et pour avoir un peu d’avance de l’autre.

J.


Notes

1 « Scruber » : anglicisme pour « récurer ».

Notes manuscriptologiques

a « essuyer ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.